MaTch de FoLie ..........................
Oh La La La .... iL nouS a FaiT peUr jusQu'au bOut, maiS iL eSt PAssé !!!!!!!
"Paul-Henri Mathieu est transfiguré depuis deux matchs. Jadis raillé pour son incapacité à conclure des matchs qui semblaient à sa portée, l'Alsacien vient de faire taire pas mal de détracteurs. Tour d'abord en remontant un handicap de deux sets à rien face à l'Espagnol Hernandez pour finalement s'imposer en cinq manches au tour précédent, puis en remportant une partie qui failli bien lui échapper alors qu'il la maîtrisait totalement. La faute à ses démons certainement, mais aussi, et surtout, au surprenant Argentin Eduardo Schwank.
Vainqueur de trois tournois challengers de rang, issu des qualifications et notamment tombeur de Moya au premier tour, le Sud-Américain reste sur l'impressionnante série de 20 victoires consécutives au moment de pénétrer sur le court Philippe Chatrier. Mais il en faut plus pour déstabiliser PHM. Pendant deux manches, la tête de série numéro 18 du tournoi va marcher sur l'eau. Mathieu tente, et réussit, tout. Sa balle est vive, ses jambes tricotent et les jeux défilent. Surtout, "Paulo" donne l'impression d'un rouleau-compresseur que rien, et surtout pas Schwank, logiquement épuisé par l'enchaînement des matchs, ne peut stopper.
Mathieu chasse ses démons
Au supplice, l'Argentin concède les deux premières manches (6-2, 6-3) avant que Mathieu, victime d'un véritable coup de pompe, ne le remette dans le match. Schwank n'en demande pas tant. En bon Sud-Américain qui se respecte, il s'accroche, s'arrache et commence à faire tonner son énorme service. Mathieu peut s'en vouloir : il a réveillé la bête... Dans le même temps, le protégé de Wilander se crispe et abandonne logiquement le troisième set (6-3). Et le spectre des terribles défaites en coupe Davis, notamment, de réapparaître...
Pourtant, au courage, Mathieu ne se désunit pas. Même repoussé dans les bâches, il parvient à garder suffisamment de lucidité pour résister à la rouerie de l'Argentin, pas maladroit dans l'exercice de l'amortie. Le Français se hisse ainsi à la force du poignet jusqu'au tie-break où il va obtenir trois premières balles de match. Sur deux d'entres elles, Schwank, énorme d'audace, va distiller une amortie gagnante du fond de court puis un coup droit à l'angle ultra-croisé incroyable.
Là encore, devant une telle réussite, Mathieu ne panique pas. Il s'appuie sur sa première balle pour écarter trois balles de set pour Schwank puis pour s'offrir une 4e occasion. Cette fois c'est la bonne. Une dernière faute de l'Argentin envoie Mathieu vers les huitièmes de finale. Vers Novak Djokovic également. Mais ça, c'est une autre histoire. Pour l'heure, Mathieu peut savourer : "Ce que j'ai ressenti à la balle de match? C'est difficile à décrire. Je ne sais plus à quoi je pensais, mais c'était agréable! Vu le contexte, je méritais de m'allonger sur le court"."
PROCHAIN TOUR DEMAIN .... CONTRE DJOKOVIC !!!!
"De battre son coeur ne s'est jamais arrêté. Paul-Henri Mathieu a connu toutes les frustrations, il n'a jamais décroché un quart de finale en Grand Chelem, mais il est pourtant là, ce dimanche, prêt à tout donner pour faire tomber le N.3 mondial. Il y a six ans quand le public découvrait un certain "Paulo" sur le central de Roland-Garros, il voyait un gamin sûr de lui, qui frappait à coups de poings sur sa poitrine pour s'encourager aussi fort que dans la balle. A l'époque, Andre Agassi avait échappé de peu à ce nouveau venu.
En ce mois de mai 2008, Paul-Henri Mathieu se frappe toujours le coeur en signe d'encouragements. Le symbole idéal d'un joueur qui a quelques fois tendance à se battre contre lui-même mais dont la générosité sur le court est exemplaire. Son échec cruel (il servait pour le match) en Coupe Davis face à James Blake a assombri son printemps, il en a perdu trois fois aux premiers tours des Masters Series de Monte-Carlo, Rome et Hambourg et a perdu un demi-finale à Munich contre Simone Bolelli.
Il récolte les fruits du travail et des conversations avec Mats Wilander
A Roland-Garros, le gaillard a retrouvé Mats Wilander avec le moral dans les chaussettes, et cependant avec l'envie de bosser. Pour la première fois de l'année, le Suédois et l'Alsacien ont pu passer une semaine ensemble sans compétition. Après six jours, "PHM" était cuit. Il ne voulait d'ailleurs pas jouer dimanche pour récupérer un peu. Avec un petit coup de pouce du destin au tirage au sort, il a finalement joué dimanche un match idéal pour une entrée en matière et obtenu un calendrier favorable lui évitant de rejouer le lendemain de son match en cinq sets. Patrice Hagelauer nous l'a répété, "jouer Gustavo Kuerten ce n'était pas si facile que ça. Il fallait gérer l'émotionnel et gagner avec la classe". La suite fait moins "paillettes" mais pourrait être décisive dans la carrière de "Paulo". Il échappe à la déroute en jouant mal face à Oscar Hernandez, et il va déraciner l'Argentin Eduardo Schwank, qui restait sur 20 victoires d'affilée. Dans les tribunes, Mats Wilander passe par toutes les couleurs.
Les mots du Suédois ont fait leur effet. Il n'est auprès du Français que 16 semaines par an (Patrice Hagelauer gère le reste), mais ce sont les "temps forts" de la saison. Avec l'humilité qui sied aux deux personnages, il a replacé Mathieu en face de ses propres limites. Au terme d'une progression remarquable au classement ATP (il est monté jusqu'à la 12e place), reste à faire sauter une ultime barrière pour entrer définitivement dans le court des grands. Les grandes "bagarres" et le court central de Roland-Garros, justement, Mathieu connaît. Il y avait bousculé Rafael Nadal en 2006 et Andre Agassi en 2002. En 2008, une victoire sur Novak Djokovic lui ferait connaître une dimension, tout court"